Préférez acquérir votre chiot pendant vos vacances pour avoir du temps à lui consacrer et introduisez-le dans son nouveau foyer le matin, afin qu’il puisse prendre quelques repères et ne se retrouve pas seul dans le noir aussitôt arrivé.

Tout doit être prêt avant l’arrivée du chiot : gamelles, lieu de couchage, règles de la maison.

L’accueil est essentiel dans la prise de repères, que ce soit pour les règles de vie ou par rapport à l’environnement. Ainsi, dès l’arrivée du chiot, avant même de le rentrer dans la maison, posez-le à l’endroit où vous voulez qu’il se soulage et félicitez-le aussitôt fait, le principe étant de récompenser quelque chose de bien au lieu de réprimander quelque chose de mal que l’on a laissé faire.

Le premier jour, ne l’accablez pas de caresses mais laissez-le prendre tranquillement ses marques et avoir l’initiative des contacts. Le chiot est séparé pour la première fois de tout ce qu’il connaît, il faut donc qu’il se retrouve dans un foyer le plus calme et stable possible. Les jours suivants, faites-lui progressivement découvrir le plus de personnes, d’animaux et de situations variées que vous pourrez, en veillant à ce que tout se passe au mieux pour lui. Après l’âge de 4 mois, il sera beaucoup plus compliqué de faire accepter à votre chien quelque chose à quoi il n’a encore jamais été confronté.

Votre chiot n’est pas un humain : il ne connaît pas le langage humain et n’a pas les mêmes codes que vous. Plutôt que de lui tenir de grands discours, apprenez-lui progressivement quelques « mots-clés » que vous plaquerez sur des comportements précis (ex : assis, couché…). Pour obtenir un comportement, il vous faudra ensuite n’utiliser que le mot-clé qui lui correspond, faute de quoi votre chien ne comprendra pas ce que vous attendez de lui.


Les apprentissages essentiels


         La propreté : Pour le chien, elle se borne à ne pas faire ses besoins là où il dort et où il mange. Pour conditionner votre chiot à la propreté, veillez à respecter quelques règles logiques :

                                                              - Il a besoin d’éliminer à son réveil, après avoir mangé ou beaucoup bu, après avoir joué ...  Sortez-le systématiquement après cela.

                                                              - Il n’est pas capable de contrôler ses sphincters avant au moins 5 mois. Jusqu’à cet âge, un chiot élimine au moins 10 à 15 fois par jour et cela diminue progressivement ensuite.

                                                              - Quantité, qualité et heure des repas peuvent jouer sur l’élimination.

                                                              - Pour bien fixer le comportement d’élimination à l’extérieur, vous devez être présent au moment de l’action et féliciter votre chiot sans aucune retenue !

                                                              - Pour que le chiot élimine, il ne doit pas être distrait ni dérangé par quelque chose

                                                              - Si vous vivez en appartement, choisissez des moments faciles et calmes comme heures de balades.

                                                              - Si vous utilisez un tapis de propreté (déconseillé), rapprochez-le progressivement de la porte et placez-le ensuite derrière une porte-fenêtre pour que votre chien le voit et demande à y aller.

                                                              - En cas d’ « accident » : si vous surprenez votre chiot en train d’éliminer, ne criez pas et ne le grondez pas. Prenez-le sous le ventre (ça le bloque) pour l’amener dehors et félicitez-le quand il a fini. Si c’est trop tard, nettoyez sans rien dire.

                                                              - Vous pouvez utiliser la cage comme facilitateur. Bien employée (faites-vous conseiller pour cela), elle est pour le chien un terrier rassurant.

                                                              - Ne laissez pas le chiot avoir accès à toute la maison tant qu’il n’est pas propre.


             Les repas : C’est l’âge du chiot qui définit leur nombre : à 2 mois = 4 repas / jour ; à la perte des dents de lait = 3 repas / jour ; quand le chiot a ses dents définitives = 2 repas / jour ; à l’âge adulte vous pouvez passer à 1 repas / jour.

Le fait de manger avant, pendant ou après ses maîtres n’influe pas sur le comportement de votre chiot envers vous. Prévoyez simplement qu’il produit une selle juste après son repas et une autre 3 ou 4 heures après… Sachez aussi que le nourrir avant qu’il se couche pour la nuit, qu’il fasse un long trajet en voiture, ou qu’il fournisse un effort peut créer troubles ou graves problèmes de santé (torsions ou dilatation de l’estomac). Donnez donc à manger à votre chien quand il va être tranquille après pendant 2 bonnes heures.

Gérez la durée et la disponibilité des repas. Un chien qui s’ennuie peut s’inventer le job de garder sa gamelle si elle reste garnie… Ne la lui enlevez pas autoritairement au bout de X minutes mais proposez-lui quelque chose de plus attractif (lardon, saucisson… ?)

Pour le lieu du repas choisissez un endroit calme.


              Le rappel : Il est essentiel car il vous permettra de contrôler votre chien à distance, d’éviter qu’il ne s’enfuie et de limiter son accès aux lieux dangereux.

Une fois le rappel acquis, vous pourrez aussi lâcher votre chien et donc lui offrir la liberté dont il a physiquement et psychologiquement besoin.

Votre chiot a besoin de contacts et viendra naturellement très souvent vers vous. Profitez-en pour plaquer un mot (ex : ici) sur ce comportement et récompensez votre animal.

Rappelez-le ensuite sans raison le plus souvent possible dans la journée, dedans comme dehors et accordez-lui quelques secondes d’attention (félicitation, récompense), puis laisse-le retourner à ses occupations.

Vous pouvez aussi vous placer face au chien, frapper sur vos cuisses tout en donnant le mot-clé et en reculant rapidement. Cela incitera le chiot à revenir vers vous et à vous suivre. Félicitez puis répétez le mot-clé. Dès son arrivée vers vous, le chiot doit recevoir une récompense très démonstrative. Après une semaine, le geste ou le mot-clé seuls suffisent.

 

Le rappel doit toujours être positif !!! Quelle que soit la situation ou votre humeur envers votre chien, même s’il semble vouloir n’en faire qu’à sa tête, il faut le féliciter à son retour !!!


              La solitude : Cet apprentissage a une grande importance sur la psychologie de votre chien.

Si vous utilisez une cage, cela se fera tout seul à chaque utilisation.

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Sans cage, laissez votre chiot un peu seul tous les jours. Placez-le dans une pièce qui lui est familière sans objets qu’il pourrait détruire. La durée, très progressive, dépend de son comportement : il ne faut pas le libérer quand il aboie, gémit, gratte… car cela l’inciterait à recommencer. L’inconvénient est que le chiot fera probablement ses besoins en votre absence. Toutefois, si on veut attendre qu’il soit propre pour lui apprendre la solitude, cela peut être déjà tard et créer un trouble dans son comportement…


              La sanction : elle doit être exceptionnelle voire inexistante.

Sanctionner ne veut pas dire être violent, cruel ou faire mal. Adoptez simplement un timbre de voix sourd et profond et détournez-vous de votre chiot. N’essayez pas de lui faire comprendre quelque chose par le biais d’une sanction. La sanction ne doit pas faire partie de votre méthode éducative mais être utilisée uniquement après, lorsque le chiot sait parfaitement ce que vous attendez de lui. Si vraiment vous êtes amené à sanctionner, faites toujours suivre la sanction d’une récompense dès que votre chien produit le comportement que vous attendez.

Une sanction doit toujours être justifiée : ne punissez jamais votre chien s’il ne connait pas l’apprentissage concerné ou si sa « faute » remonte à plus de quelques secondes.

 

L’intensité de la sanction doit être proportionnelle à la faute et non à votre état d’esprit ou d’énervement.

Finalement, c’est essentiellement avec beaucoup de patience, de cohérence, de douceur et de bienveillance que vous deviendrez l’heureux propriétaire d’un chien heureux.

Rédacteurs : Dominique Teil et Frédéric Arnault



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